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Archives de Tag: knesset

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L’exercice de la démocratie dans l’état d’Israël est un spectacle comique

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Si les politiques et les journalistes ont pour habitude de commenter les décisions -somme toute- symboliques, comme la construction de logements dans des quartiers où ne voudrait pas vivre le Palestinien moyen (trop moche, trop de juifs) ou les fanfaronnades de Bibi Netanyahou, c’est qu’ils omettent par ignorance de se souvenir que ce petit pays du proche-orient, tient plus dudit orient que de la proximité avec l’occident.

À ce titre, la vie politique, locale ou nationale, y ressemble plus au souk un jour de grande affluence qu’aux débats policés du mercredi après-midi sur France 3.

On commence chez les haredim -ultraorthodoxes- où le conseil municipal de Elad a des airs de dispute synagogal.

À la Knesset, c’est plus chaud; le député du parti arabe Balad, Zahalka, traite le faucon du Likoud Feiglin de facho, qui s’empresse de lui montrer de suite qui est le plus démocrate des deux.

À ce stade de clownerie, même la chaîne parlementaire propose son bêtisier; au menu: la directrice de commission qui parle des mariages de la veille ou encore le député haredi Litzman qui ne sait toujours pas compter correctement en hébreu.

Quand est-ce qu’il se termine ce sketch?

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La saison du ballet des hypocrites fait un tabac

לשכת גיוס בני ישיבות

Le débat sur l’enrôlement des étudiants des yéshivoth continue de secouer la société israélienne et révèle un degré d’hypocrisie rarement vu au sein des dirigeants politiques, religieux et militaires. Chaque partie avance ses arguments, pour ou contre, en jouant la carte de l’esbroufe.

Tout d’abord à l’armée, où l’état-major reconnait ne pas avoir besoin, ni envie, de voir arriver une cohorte de bahourim rétifs à la discipline et aux ordres militaires, qui constituent le socle de toute armée. Il faudrait en effet s’adapter au rythme du bahour moyen: prière, repas adaptés et sans compter que dans certains cas le jeune ultra-orthodoxe suivra l’avis de son rav et non de son supérieur. On pourrait rajouter que si tsahal compte mener une guerre avec une troupe de bahourim lituaniens, maigrichons, bigleux et qui n’ont jamais couru plus de 500M, le Hezbollah risque de s’ouvrir une voie royale jusqu’à Al-Quds. Tout ceci dit sans compter la détestation réelle d’une partie de l’état-major et des officiers de terrain à l’endroit des orthodoxes.

A l’inverse, le camp haredi avance ses arguments les plus bêtes: c’est par l’étude que l’état d’Israël est protégé, la mixité risque de troubler les jeunes etc… Si ceux-ci étaient plus malins et fins stratèges, ils enverraient tous leur jeunes à l’armée. En pareille cas, celle-ci ne tiendrait pas et ce pour ces mêmes raisons évoquées plus haut. Pour schématiser, si Shmoulik, à qui on a demandé de grimper sur la colline x doit demander l’avis de son rav, si à l’heure de l’entraînement il s’arrête pour prier minha et si contrairement à son voisin il ne mange pas la viande de rav Landau et exige celle du Badatz (qui ne livrera jamais une cuisse de poulet à tsahal), les officiers vont s’arracher les cheveux. Et croyez-le, des Shmoulik, il y en a des milliers. Or, le rav haredi vous dira que si l’on tentait cette expérience, certains jeunes risqueraient d’y rester. C’est donc que ces messieurs ne sont pas sûr de l’attrait de la yeshiva par rapport au fait d’aller crapahuter en treillis; il faudrait donc qu’ils se posent des questions. Il semblerait que les récentes affaires d’arrestations de jeunes, que nous avons relayé, soient pour partie liées à des affaires de droit commun; le jeune arrêté après pourim, par exemple, aurait conduit en état d’ivresse pendant la fête. Enfin, il faut avouer que les parents des familles orthodoxes préfère voir les enfants des autres mis en danger; si un fray (laïc) est blessé au combat, c’est moins grave que…

Chez les sionistes-religieux, les jeunes vont à l’armée. Une partie de sa jeunesse hait les dossim (ultra-orthodoxes), quand beaucoup de ses rabbins prestigieux sont allés soutenir les haredim dans la grande manifestation contre l’enrôlement, qui a réunie plusieurs centaines de milliers de personnes. Récemment un député du parti sioniste-religieux, Habayit Hayehoudi, a fait savoir qu’il voterait contre la loi dite du « Guiyous », bien qu’il soit favorable à ce que les intéressés aillent à l’armée, mais il refuse de voir se monter une société contre une autre et surtout contre ceux qui ont fait de l’étude la valeur suprême.

C’est ainsi que nous en arrivons aux politiques. Le leader du camp sioniste-religieux avait réussi le coup-de-force de s’extraire de l’influence des rabbins type Merkaz Harav, mais ses calculs politiques ont entraînés une scission idéologique au sein mêmes de son parti (qui siège au gouvernement), qui goûtent peu le lynchage médiatique de juifs. Les députés orthodoxes, eux, se frottent les mains. Alors que le monde haredi est traversé par une crise socio-économique et idéologique, que de nombreux haredim sortent de leur ghetto intérieur pour aller vers le marché du travail et qu’ils commencent à peine à remettre en cause la mainmise de certains rabbins, rabbis et conseillers de l’ombre, rien de mieux que de leur taper dessus pour les remobiliser et leur montrer le côté obscur de l’appel du pied de la société civile. L’autorité Palestinienne et certains députés arabes-israéliens, ont vite saisis l’enjeu, pour leurs affaires, qui se jouait là. A la Knesset, ceux-ci répondent en yiddish au député orthodoxe Eichler qui leur parle en arabe. Plus incongrue encore, cette semaine un des leader de Netourei Karta s’est entretenu avec des membres de l’AP et ont conclu d’un commun accord que les yeshivoth qui le souhaiteront , pourront passer sous la responsabilité de l’Autorité Palestinienne et échapper ainsi à toute convocation à tsahal.

Du côté du Likoud et de Yair Lapid (en grande perte de notoriété), on continue de jeter de l’huile sur le feu et de coincer au mieux les orthodoxes, dans le seul but de plaire à l’électorat laïc. Car il plait à la populace, comme aux élites laïques, de voir les orthodoxes dans la mouise. Notons cependant que certains libertariens de Tel-Aviv, reconnaissent aux haredim le droit individuel de mener la vie qu’ils souhaitent, comme ils le font et le faisaient avant la création de l’état.

Le ballet des hypocrites n’est donc pas terminé et gageons qu’il nous réserve encore bien des surprises.

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