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Cinéma

Cette rubrique consacrée au cinéma et réalisée par M.Sokolka, a pour but de présenter des films, toutes sortes de films, non pas par ordre de sortie, mais au gré des visionnages de l’auteur des articles.

M.Sokolka est un jeune français, étudiant en cinéma à l’université de King’s College de Londres.

 

Capturing the Friedmans

Sorti en 2003, Capturing the Friedmans est un documentaire du réalisateur New-Yorkais Andrew Jarecki. Nominé aux Oscars, ce film bouleversant nous introduit dans le quotidien d’une famille pas comme les autres. Au cœur de l’histoire, M. Friedman est un un père de famille habitant à Great Neck, un village de Etat de New-York très concentré en présence juive. Mr Friedman, respectable papa au premier abord, se spécialise dans l’enseignement pour enfants. Seulement, son destin prend un tournant dramatique lorsque des officiers de police l’emmènent au poste suite à une enquête sur sa suppose activité pédophile. «Un juif-New-Yorkais qui enseigne à des enfants, inculpé pour pédophilie? C’est encore une histoire de Rabbin, c’est ça?!» Pas cette fois-ci, Arnold Friedman est un juif séculaire et n’enseigne pas la mishna mais l’informatique. C’est d’ailleurs son propre ordinateur qui pose problème ainsi que ses lectures favorites. En effet, Arnold commande régulièrement des œuvres de pornographie infantile. C’est cette activité qui alerte la police et entraîne le début d’une enquête sur la Famille Friedman.

Ce qui fait la grande originalité de ce documentaire est la chance incroyable du réalisateur d’avoir trouvé une affaire dans laquelle la reconstitution filmée des événements passés n’est pas nécessaire. En effet, la Famille Friedman -à l’image de certains de leurs coreligionnaires- raffolent de caméras et filment sans cesse leur quotidien: des premiers pas de leurs trois fils aux dîners tendues post-inculpation de Papa. Car entre temps, à Grand Neck, des familles apprennent que leurs enfants devaient faire autre chose qu’écouter les leçons d’Arnold. S’ensuit la convocation de ce dernier au tribunal et le début de la désintégration familiale des Friedman. Or, l’histoire ne s’arrête pas là, Jesse, l’un des fils d’Arnold est lui aussi inculpé pour les mêmes chefs d’accusation que son père. Au fur et à mesure, ce qui semblait être une famille très rapprochée révèle une proximité qui se confond parfois avec promiscuité. Une grosse zone d’ombre demeure encore sur l’affaire elle-même et en particulier au sujet de Jesse qui nie jusqu’à aujourd’hui sa culpabilité.

Une grande polémique éclata après la sortie du film sur le devoir manquée d’Andrew Jarecki de présenter les faits avec objectivité. Le réalisateur semble déterminé à présenter cette famille sous son meilleur jour et remet parfois en question la véracité de l’enquête. Toutefois, c’est précisément cette incursion dans le quotidien des Friedman qui rend ce documentaire passionnant et offre des scènes qu’on ne voit pas forcément dans un reportage impliquant des pédophiles. Par exemple, la caméra posée par les fils de Arnold en face de la table pendant le seder de pessah’ avant le début du procès d’Arnold offre une scène assez croustillante. Pessah’, fête immanquable dans le monde juif anglo-saxon même lorsque l’on n’est pas pratiquant. Pessah’ aussi, fête qui marque la fin de la captivité…enfin, peut-être pas pour Arnold. Scènes de pleurs face à la caméra, affrontements des enfants avec leur mère ponctuées de mots en Yiddish, danses exutoires avant d’intégrer l’univers carcéral etc…Le spectateur se voit offrir une position de voyeur inédite en assistant à de tels moments. Voyeurisme qui crée un spectacle assez malsain mais irrévocablement divertissant.

Au depart, Jarecki voulait réaliser un document sur David Friedman, l’aîné des Friedman. Clown New-Yorkais qui n’a d’ailleurs aucune responsabilité dans l’affaire de pédophilie. Mais peu à peu, en visionnant les images d’archive de l’enfance de David et en interviewant sa mère, le réalisateur découvre la désormais célèbre affaire Friedman. Dès lors, le documentaire change radicalement de sujet et David accepte de livrer l’intégralité des enregistrements vidéo de sa famille. Ce dernier est d’ailleurs décrit comme étant le plus célèbre clown de fêtes d’anniversaire du tout New-York. Avis donc aux intéressés: David Friedman sera la cerise sur le gâteau pour vos fêtes familiales. Par contre, ne vous trompez pas en engageant son frère Jesse, vos enfants risqueraient de vous en vouloir.


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