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Habad et le complexe d’Icare

L'oligarque ukrainien Bogolyubov et le chef des émissaires habad de par le monde Kotlarski

L’oligarque ukrainien Bogolyubov et le chef des émissaires habad de par le monde Kotlarski

Au commencement était une amitié scellée dans les millions versés aux Loubavitch; la suite est moins drôle. Tout commence il y a plusieurs années lorsque l’oligarque Ukrainien Gennadi Bogolyubov, une des plus grandes fortune de son pays (plusieurs milliards de dollars) se rapproche de la communauté Loubavitch de son pays, et de l’émissaire de la ville de Dniepropetrovsk, anciennement Nikolaïev, ville de naissance du dernier rabbi de Loubavitch. Bogolyubov va vite occuper une place de choix parmi les grands donateurs actifs au sein du mouvement (avec Leviev ou Rohr), et ainsi présenter le fameux banquet annuel des émissaires –shlouhim– en 2010, et pour l’occasion il versera pas moins de 10 millions de dollars à l’organisation qui chapote tous les émissaires habad de par le monde, dirigé par le rav Kotlarski. Cette branche ultra stratégique au sein du mouvement, basée à New-York, permettra de financer des nouveaux centres, ainsi que des primes de mariages et naissances aux shlouhim du monde entier. Ce sera ensuite la construction du plus grand complexe communautaire juif du monde, dans cette même ville de Dniepropetrovsk, où entres les shouls, restaurants, salle de fitness, le complexe « Ménorah » abritera, gracieusement, l’école de l’émissaire habad de la ville.

Bogolyubov qui distribue aux Loubavitch, ainsi qu’à d’autres organisation juives, des millions de dollars par an, commence à se rendre compte, que nombreuses sont celles dont les dirigeants s’octroient, au passage, des commissions directement dans leurs poches. Bogolyubov fait alors rédiger une charte morale à signer par ceux qui veulent bénéficier de ses dons; hasard de la vie, celle-ci est rédigée d’abord en français, car la rédaction en a été confiée au directeur de l’institut d’études lévinassiennes à Paris. Du français, la charte sera ensuite traduite en anglais, hébreu et russe.

Par la suite, Bogolyubov va se fâcher avec le shaliah de sa ville (pour des raisons probablement liées à ce qui est évoqué plus haut), et par la même occasion avec l’ensemble du mouvement Loubavitch, où il n’est plus en odeur de sainteté. L’ukrainien va donc cesser de verser ses dons à Kotlarski, il exigera ensuite au shaliah habad de verser un loyer pour l’occupation des locaux scolaire, et dirigera désormais ses dons vers les autres organisations juives orthodoxes d’Ukraine, dirigée par le rav Bleich.

Entre temps, Bogolyubov, comme beaucoup d’oligarques juifs russes (Abramovitch, Leviev), s’est installé à Londres. C’était de la capitale britannique qu’il avait commencé des affaires immobilières, pour plusieurs centaines de millions de pounds. Encore assez bien avec les Loubavitch, il avait activé leur réseau pour faire de bonnes affaires, notamment par l’intermédiaire du shaliah habad, le rav Yonah Pruss. Pruss avait été mandaté en 2008 par l’un des associés de Bogolyubov, Gershenzon, pour les investissement immobiliers. A noter, que Gershenzon, et un autre ancien associé, Pinchuk, qui ont participés au financement du complexe juif Ménorah, sont déjà en procès avec Bogolyubov pour d’autres affaires. C’est en souhaitant connaître la valeur des biens immobiliers, que Pruss s’est rendu compte, qu’une partie n’était pas à son nom, et réclame donc sa part de profits (plus de 20 millions de pounds).

Pour conclure, disons simplement qu’il est étrange de voir un émissaire habad mêlé à des investissements d’une telle ampleur, en plus en son nom propre. Bien entendu, ce « rav » n’a pas jugé nécessaire de passer devant un beit din, comme le veut la loi qu’il feint d’observer. A trop fréquenter tous ces milliardaires, rompues aux montages financiers pas toujours très casher, le shaliah veut parfois y prendre sa part. Ce Pruss n’est pas le seul, ni le premier chez les Loubavitch, à utiliser sa position pour se lancer dans une carrière parallèle de businessman. Comme disait Nahmanide à son contradicteur chrétien, lors de la célèbre dispute de Barcelone, si le messie était arrivé, comme certains le prétendent, il n’y aurait plus toutes ces saloperies que l’on peut voir chaque jour.

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